Vent de Raison

Six éoliennes qui ont fait peu de bruit

 

Luminus a présenté son projet de parc de six machines en réunion publique. Elle s’est déroulée dans le calme, mais le dossier suscite de nombreuses questions.

La société Luminus a le projet d’établir un parc éolien de six machines, à cheval entre les communes de Ciney et Hamois. Quatre se trouveraient à proximité de la N4 à Hamois, section d’Emptinal, et deux non loin de la N921 à Ciney. Une petite centaine de personnes bien calmes, dont la majorité venait de l’entité de Hamois ont participé à la réunion d’information sur ce projet. De Ciney, l’échevine, Mme Daffe était présente. La population a maintenant une quinzaine de jours (jusqu’au 18 octobre) pour faire parvenir ses avis, remarques, suggestions, critiques à l’administration communale de Hamois ou chez Luminus. Pourquoi Luminus a-t-il choisi cet endroit pour installer un nouveau parc? Parce qu’ainsi, il répond à une volonté de la Région wallonne d’implanter pareil parc près de grands axes de communication. Ici la N4. Il y a un potentiel de production et les distances par rapport aux maisons sont respectées. Reste maintenant au bureau CSD à réaliser une étude d’incidences.

Si tout se passe comme Luminus le prévoit, les travaux débuteraient en 2022, et la mise en route se ferait six mois plus tard.

180 m: «Pharaonique»

Les machines s’élèveront à 180 m de haut: «C’est pharaonique, a dit un participant à la réunion. C’est comme si j’avais la tour Eiffel dans mon jardin.» Elles seraient dotées d’un rotor d’un diamètre de 136 m et produiraient l’équivalent de la consommation moyenne annuelle de 9 000 ménages. Cela éviterait aussi l’émission de 16 000 tonnes de dioxyde de carbone par an.

Une participation citoyenne pourrait être mise en route à raison de parts de 125€ avec un maximum de 3 000€. Rendement: de l’ordre de 4,4% actuellement. Écolo souhaiterait plutôt la création d’une vraie coopérative et qu’il y ait aussi une part pour la Commune.

L’étude d’incidences va démarrer

Le représentant du bureau d’études CSD a défini le travail qui lui est demandé. Il se penchera notamment sur l’étude du milieu biologique, le paysage et le patrimoine. Et, corollairement, la situation existante du patrimoine de la région dans un rayon de 5 km, le niveau sonore actuel à comparer avec le niveau sonore futur et l’ombrage stroboscopique.

Fait assez rare dans ce genre de soirée, l’ambiance a été conviviale jusqu’au bout, des participants allant même jusqu’à oser dire que ce genre de projet est positif sans se faire huer. Cela ne veut pas dire que tout le monde est d’accord. Certains souhaiteraient, évidemment l’implanter ailleurs, choisir un autre genre d’énergie renouvelable, critiquent la hauteur des mâts beaucoup plus hauts que des clochers ou s’étonnent de l’impact cumulatif sur la région de tous ces projets de parcs éoliens: 20 machines existantes ou en construction et 22 en projet, rien que pour Ciney. Réponse de Luminus: «Tous ces projets ne sont pas nôtres, il y a de la concurrence, tous ne passeront pas. C’est à la Région wallonne de trancher.» Un participant s’est porté comme défenseur des terres de culture envahies par ces machines qu’il faut chaque fois enterrer largement et profondément dans un socle en béton.

Et quelles seront les retombées économiques pour les communes? De l’ordre de 15 000€ par machine.

Et que reçoit le fermier comme location. Réponse vague: «plusieurs milliers d’euros par an.»