Vent de Raison

Éoliennes remplacées, malgré le recours

 

Renewable Power Company a décidé de remplacer les éoliennes de Sainte-Ode, installées il y a vingt ans. Le dossier est pourtant au conseil d’État.

«Si on arrête tous les projets parce que l’une ou l’autre personne n’est pas d’accord, alors on n’avance pas». Le responsable de la société Renewable Power Compagny Claude Boever a décidé de ne pas attendre la décision du conseil d’État face à un recours introduit. La société procédera donc à un travail de «repowering», c’est-à-dire de remplacement des six éoliennes de Sainte-Ode, par quatre de nouvelle génération d’une hauteur de 150 mètres (contre 100 mètres pour les mâts existants).

Le parc éolien de Sainte-Ode a été érigé en 2002 avec six mâts dans un premier temps, puis huit autres sont venus s’y adjoindre en 2008. Après plus de quinze ans de production d’électricité verte, les turbines arrivent déjà à bout de souffle et le promoteur a donc décidé de les remplacer par quatre éoliennes de nouvelle génération. «Avec 50% de moins, on pourra produire deux à trois fois plus», précise M. Boever.

«Que des avis positifs»

Les travaux des fondations ont donc été lancés il y a peu malgré les réticences de certains. «Le recours n’est pas suspensif, poursuit M. Boever. J’ai étudié les différentes possibilités et j’ai finalement décidé de me lancer. On a donc confiance. Le permis a déjà connu des recours, mais les instances, puis le ministre ont confirmé l’avis positif qui nous avait été délivré. Si tous les avis demandés avaient été négatifs, on n’aurait pas lancé le projet, mais notre dossier respecte totalement ce que la loi impose.

Avec les nouvelles technologies, le bruit est réduit et les pales s’arrêtent quand cela peut provoquer un effet stroboscopique. Par ailleurs, je ne pouvais plus attendre car, si les recours se multiplient ou si la décision tarde, le permis sera périmé. Il faut aussi avouer que c’est le moment de changer car de telles éoliennes ne seront pas sur le marché dans les années à venir. En effet, la tendance va vers des éoliennes encore plus hautes. Il faut aussi pointer le fait qu’il faut réfléchir à la possibilité de ne plus compter sur des certificats verts. J’espère qu’on n’est pas dans un pays où deux, trois personnes peuvent faire capoter un projet.»

Du côté de la commune de Sainte-Ode, on ne peut que regarder ces projets s’établir sans pouvoir réagir. «Comme l’introduction du recours au conseil d’État n’est pas suspensive, nous ne pouvons pas empêcher les travaux, constate le bourgmestre Pierre Pirard. C’est sans doute qu’il imagine qu’il se sent fort. Et, si le conseil d’État donne raison aux plaignants, il faudra encore ester en justice. Cela peut donc prendre pas mal de temps.»

Démanteler à partir du 18 novembre

Les six éoliennes de Sainte-Ode devraient quitter les abords de la Nationale 4 dans la semaine du 18 au 24 novembre, un timing qui est tributaire des conditions climatiques. Et les nouveaux mâts pourraient être érigés en janvier 2020. «J’ai bien pesé ma décision et je fonce», conclut Claude Boever.