Vent de Raison

Conférence de presse - VdR - 14/09/2011

Le bruit éolien, nié par les promoteurs et par les politiques wallons, est pourtant une pénible réalité. Ce bruit est moins perceptible au pied de l’éolienne qu’à une certaine distance, jusqu’à des distances qui peuvent être considérables, selon le relief et d’autres facteurs météorologiques courants.

 

Le bruit, nuisance majeure de l’eolien industriel                     14 09 2011

 Le bruit éolien, nié par les promoteurs et par les politiques wallons, est pourtant une pénible réalité. Ce bruit est moins perceptible au pied de l’éolienne qu’à une certaine distance, jusqu’à des distances qui peuvent être considérables, selon le relief et d’autres facteurs météorologiques courants.

 La Déclaration de Politique Régionale wallonne (DPR 2009 – 2014) a prévu une stratégie globale « environnement – santé » qui affirme que « si les nouvelles technologies sont source de progrès, elles suscitent parallèlement des interrogations légitimes et des craintes… »

La DPR ajoute que le gouvernement wallon s’engage dans son plan d’action à « prévenir et réduire les nuisances acoustiques dans les zones critiques où la population est exposée au bruit, mais également à préserver les zones de calme ».

Plus clair encore, le gouvernement wallon déclare vouloir « faire prévaloir le principe de précaution, afin d’assurer un environnement sain »

 Force est de constater que le Ministre-Président Rudy Demotte néglige ce principe de précaution et abandonne la population wallonne aux promoteurs éoliens. Sa déclaration à RTL à propos de la centrale éolienne d’Estinnes est sans équivoque :

 Interview de Rudy Demotte, Ministre-Président Région wallonne (RTL-TVI 2010)

Commentateur : « … En Belgique, la norme (distance éolienne – habitations ndlr) exigée par la Région wallonne est de 350 m. Une distance qui interpelle quand on sait que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un éloignement de 3 km. »

Rudy Demotte : « C’est vrai que dans les pays qui disposent d’espaces beaucoup plus importants, les normes peuvent être plus étendues. Mais dans notre pays à nous, qui est extrêmement urbanisé, nous ne voyons malheureusement pas de campagnes sans maisons, à perte de vue, comme c’est le cas ailleurs, il faut effectivement lire ces normes en fonction de notre réalité. »

 L’étouffement du principe de précaution

Rudy Demotte est encore plus clair. Dans une lettre de 2010, il répond à un riverain d’Estinnes habitant à plus d’un kilomètre de la centrale et qui se plaint du bruit insupportable des turbines géantes: « pour répondre à votre question relative aux nuisances, le cadre de référence wallon prévoit qu’à une distance de l’ordre de 350 m, il n’y a aucun impact au niveau du bruit ». Ce genre de déclaration serait surréaliste si elle n’était purement scandaleuse de la part d’un politique. Les témoignages récoltés à Estinnes, Quévy, Bourcy, Erpion, Sombreffe, St Maur, Perwez sont sans équivoques. Le bruit éolien peut être insupportable (voir annexe).

Le nouveau « cadre éolien » clairement imposé par ECOLO à leurs partenaires socialistes et cdH du gouvernement wallon, va avoir un impact considérable sur la santé des populations rurales, victimes de ce que le magazine allemand Der Spiegel appelle « la folie éolienne ».

Le futur décret wallon doit porter à plus de 1.000 turbines géantes, le « parc » éolien wallon d’ici 2020. Ce projet « ambitieux » ne tient aucun compte du principe de précaution en matière de santé des riverains et à fortiori de la perte de valeur de leurs biens que plus personne ne voudra acheter.

 Le promoteur d’une centrale éolienne doit faire réaliser une Etude d’Incidence (EIE), par un bureau agréé de la Région wallonne. Ces bureaux d’étude prennent en compte des ondes sonores dans la partie audible du spectre, entre 30 et 10000 Hz. Or, c’est en-dessous de cette zone que les sons à très basse fréquence semblent s’avérer extrêmement gênant pour les riverains.. Les plaintes des riverains que nous collectons indiquent des symptômes communs,  ceci en conformité avec ce qui est constaté dans d’autres contrées occidentales.

 La norme ISO 1996-1 en son annexe C traite spécifiquement de cette question, systématiquement négligée dans les EIE. Les expériences sur le terrain confirment l’impérative nécessité de tenir compte de cette annexe.

Il est démontré que les bruits impulsionnels sont beaucoup plus dérangeants pour l’oreille humaine. Cela n’a pas été pris en compte par le gouvernement wallon.

L’ignorance délibérée de ces éléments est une faute grave de la législation wallonne et un comportement inacceptable de la part des opérateurs de parcs éoliens.

 Quelques témoignages :

« On ne dort plus, on ne vit plus. Les nuits sont atroces. Les troubles du sommeil sont nombreux, surtout chez les enfants. Il est impossible d’ouvrir portes et fenêtres ou d’aller dans le jardin. La population riveraine n’en peut plus ». Docteur Philippe Forgeur – Bourcy

 « Ma ferme est à 680 m de l’éolienne la plus proche. Lorsque le vent est dans la direction de la 2e éolienne, c’est comme si le son rebondissant sur ma façade. Ces nuits-là, je ne peux pas dormir dans la chambre à coucher et dois me réfugier à l’arrière ». Michel Vandenbossche – Buzet .

 «Je suis à 1500 m de la première éolienne de la centrale de Saint-Maur. J’ai mis un certain temps à bien cerner l’origine du bruit que j’entends. Fenêtres fermées, je les entends toujours, surtout les basses fréquences qui sont très gênantes et surtout la nuit. Que l’on fasse de l’écologie en installant des éoliennes, soit, mais je veux garder ma qualité de vie, la qualité de mon silence. »  Jean-Philippe Hanart – Calonne

 « Nous sommes à 6-700 m des éoliennes. La nuit, on entend un bourdonnement incessant quand elles tournent. A certains moments, c’est comme s’il y avait un avion à l’atterrissage, juste au-dessus de la maison, mais en permanence. Et cela malgré le double vitrage et l’isolation ; la maison es très bien isolée. C’est difficile à expliquer mais même quand les éoliennes font moins de bruit, les nuits sont difficiles. Malgré les médicaments, je ne parviens pas à dormir. Les enfants se réveillent 4 à 5 fois par nuit. Même leur sommeil ne semble pas réparateur. J’ai investi tout ce que je possédais ici et me voilà face à un fait accompli ». Mr Hermant - Estinnes