Vent de Raison

Dossier éolien : la fuite en avant du Gouvernement wallon

Namur, le 28 mars 2014 – Le Parlement wallon va incessamment devoir se prononcer sur les projets de décrets qu’Ecolo tente à tout prix de faire passer en cette fin de législature. Les mesures que le Gouvernement wallon va soumettre au Parlement, "coincé" qu’il est par sa Déclaration de Politique Régionale (DPR) de 2009, en exigeant probablement la discipline des partis de la majorité, sont totalement inacceptables.


Au moment où le Premier ministre Elio Di Rupo déclare que son parti s’opposera à l’installation forcée de 1.000 éoliennes sur le territoire wallon, le Gouvernement wallon du ministre-président Rudy Demotte, animé par les ministres Ecolo Philippe Henry et Jean-Marc Nollet, impose coup sur coup trois mesures. La première : une nouvelle norme de bruit (le 13 février 2014) qui augmentera de plus de 40 % la pression sonore que devront subir les riverains des centrales éoliennes (passage de 40 à 43 dBA nocturnes). La seconde : le décret éolien, malgré les quelque 30.000 lettres individuelles de citoyens protestant contre la cartographie de l’éolien wallon. La troisième : un nouveau Code de Développement Territorial (CoDT) qui rend encore plus aisée la pénétration des promoteurs éoliens.

Vent de Raison a écrit à chaque parlementaire wallon dans le but de leur rappeler l’engagement de leur responsabilité personnelle. Il est de leur devoir de protéger la santé des citoyens wallons lors de la discussion et du vote des deux décrets traitant respectivement du cadre éolien et du code de développement territorial. 

La nouvelle norme sectorielle de bruit est imposée parce que les ministres Ecolo se rendent compte que toutes les centrales éoliennes déjà installées le sont en violation de la norme de bruit actuelle de 40 dBA nocturne. Grâce à cette nouvelle norme, les parcs existants seront, dès maintenant, autorisés à exercer une nuisance sonore de 40 % supérieure à la norme de bruit nocturne existante (passage de 40 dBA à 43 dBA, l’échelle des dBA étant logarithmique). Il s’agit d’une agression majeure contre la santé de dizaines de milliers de citoyens ruraux, et le Gouvernement wallon est totalement incapable de démontrer de manière opposable l’intérêt public de l’éolien industriel à l’intérieur des terres. C’est clairement la fuite en avant pour le ministre-président Rudy Demotte et son équipe.

Les performances techniques et environnementales de l’éolien on-shore sont clairement mauvaises. L’expérience allemande, portant sur 15 années et 22.000 éoliennes en service (l’équivalent en puissance installée de vingt centrales nucléaires), est hélas sans équivoque. Ses résultats, vérifiés par le Bundestag en février 2014, sont du domaine public. L’éolien industriel est intermittent, très coûteux, ne permet pas de réduire les émissions de CO2 ni les importations de gaz, et va exiger des réseaux intelligents dont le coût exorbitant n’a jamais été pris en compte. L’Allemagne – le dos au « mur éolien » – se prépare à s’imposer des corridors de pylônes pour transporter l’électricité éolienne produite en mer du Nord et en Baltique vers la Bavière. Inévitablement, la résistance s’organise.

En Wallonie, on assiste à un tour de passe-passe étonnant : l’obligation qui serait faite aux promoteurs éoliens (privés) d’inclure des citoyens, mais aussi – et surtout – des communes ou des intercommunales à hauteur de 25 % dans le capital des centrales éoliennes, représente un détournement de l’impôt déguisé que constituent les certificats verts vers des organismes publics sans que le citoyen ne s’en aperçoive. Les intrigues de l’intercommunale TECTEO dans l’affaire Electrawinds, les agissements d’IDETA en Hainaut ou la volonté de trouver un financement à la Sofico sont un prélude à ce qui se prépare.

Le résultat de cette politique éolienne, imposée dans l’environnement de dizaines de milliers de familles wallonnes, n’a jamais été quantifié réellement par des mesures de la quantité de CO2 économisée. On s’est toujours contenté des estimations du ministre Jean-Marc Nollet.

En conséquence, Vent de Raison exige :

  • avant la création de nouveaux décrets (cadre éolien et articles du Code de Développement Territorial relatifs à l’éolien), une révision complète des critères et conditions de développement de l’éolien en Wallonie, dans le respect de la Convention d’Aarhus ;
  • l’annulation immédiate de la faculté pour les opérateurs de centrales éoliennes de dépasser la norme de bruit nocturne de 40 dBA sur le seuil des habitats riverains des parcs.