Vent de Raison

Le plan énergétique à 100 milliards de Damien Ernst

 

Le chaînon manquant dans l’énergie, selon Damien Ernst, prof à l’ULiège? Un réseau électrique mondial pour aller collecter l’énergie renouvelable là où elle est la moins chère. "Il y a urgence en matière de transition énergétique, et les responsables politiques ont trop le nez dans le guidon", attaque Damien Ernst, professeur à l’université de Liège où il fait de la recherche dans le domaine de l’énergie et de l’intelligence artificielle. "Pourquoi la ministre de l’Energie Marie Christine Marghem ne proposerait-elle pas à la prochaine COP la construction de 40 GW d’éoliennes au Groenland, connectées par un gigantesque câble à l’Europe d’un côté, et à l’Amérique de l’autre?" Un projet concret qui pourrait être, selon lui, la première phase du "global grid", le réseau électrique mondial auquel il consacre désormais ses recherches. Pour donner une idée de l’ambition de son projet, un réacteur nucléaire a une puissance de 1 GW, et l’Europe compte aujourd’hui moins de 18 GW d’éolien en mer. Le principe du "global grid"? Tisser sur la planète un réseau de lignes à très haute tension, pour aller collecter l’énergie renouvelable dans des endroits extrêmement ensoleillés, comme le Mexique, ou des zones extrêmement venteuses, comme le sud du Groenland. "Le coût des renouvelables a chuté, argumente Damien Ernst. Et là où il a le plus chuté, c’estdans ces champs extrêmes. Au Mexique, on a désormais du photovoltaïque à 18 dollars par MWh, et cela va encore diminuer. Le Groenland, lui, présente l’avantage d’avoir, sur la côte sud, des vents nettement plus forts et plus constants qu’en Europe, grâce aux vents catabatiques: les conditions atmosphériques font que l’air très froid qui se trouve au-dessus du continent dévale la pente vers le littoral. Alors que les éoliennes onshore en Wallonie présentent des taux de charge de l’ordre de 20% et les éoliennes offshore belges de 45%, on pourrait arriver au Groenland à 80%. De quoi justifier les coûts d’une connexion sur plusieurs milliers de kilomètres. Les lignes à haute tension à courant continu, qui existent déjà à l’échelle régionale, permettent de transporter l’électricité sur de longues distances en minimisant les pertes."

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