Vent de Raison

Demande de moratoire sur les installations de parcs industriels éoliens on-shore en Wallonie

Les élections du 25 mai ont montré sans équivoque que les citoyens de Wallonie ont rejeté énergiquement le parti Ecolo. Puisque celui-ci disposait de deux ministres dans le gouvernement wallon sortant (J-M. Nollet, énergie et Ph. Henry, environnement), il est normal de conclure que ce sont les politiques conçues et promues sans relâche par ces deux personnes qui sont très largement responsables de l’échec électoral retentissant d’Ecolo.

Vent de Raison (VdR) se sent donc conforté par les électeurs dans son opposition argumentée de longue date au déploiement anarchique de l’éolien industriel en Wallonie. VdR suit avec intérêt le développement des actions entreprises par les principaux partis de Wallonie pour former, dans les meilleurs délais, une majorité parlementaire et un gouvernement (GW) appuyé sur celle-ci.

Le nouveau GW devra, sans retard, reprendre le dossier des énergies renouvelables et, particulièrement, de l’éolien. VdR sera très attentifs à tous mouvements de ce côté et fera connaître clairement fermement ses questions et positions aux nouveau pouvoirs exécutif et législatif dès que ceux-ci seront connus.

D’ici là, la note ci dessous préparée par Anne Leulier (comité du Scaubecq) rappelle utilement un certain nombre de problèmes importants que, cette fois, le GW ne pourra ignorer, comme il l’avait fait lors de la déclaration de politique régionale (DPR) de 2009.

 


 

 

L’écologie doit bien être un souci majeur. Il s’agit de notrequalité de vie. La terre est un héritage que l’on ne peut endommager sans lourdes conséquences. Le souci de l’environnement devrait être présent dans toutes décisions concernant tout sujet quel qu’il soit.

Le domaine énergétique est un domaine crucial. Des sociétés se sont écroulées parce qu’elles ont perdu le contrôle de l’énergie. Il faut se faire une vision claire et réelle de la situation énergétique de la Belgique (de l’Europe) pour prendre les mesures efficaces.

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PRENONS CONSCIENCE de ce qui se passe en Allemagne et en Europe.

Les installations de parcs industriels éoliens on-shore à grande échelle sont remises en question dans plusieurs pays et même très récemment en Allemagne. (Appendices 1 et 7)

La politique européenne de l’énergie est-elle en crise ? (Appendice 3)
"Oui, si l’on se réfère aux trois objectifs fondamentaux qu’elle s’était fixés : préservation du pouvoir d’achat des ménages et de la compétitivité des entreprises, réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et sécurité d’approvisionnement. Ces objectifs sont aujourd’hui sérieusement menacés : les prix payés par les ménages européens ont augmenté de 27% ces cinq dernières années (accentuant la précarité énergétique, qui touche actuellement entre 50 et 125 millions de personnes); en 2012, les émissions de GES ont augmenté dans certains pays européens, notamment en Allemagne (+1.5% par rapport à 2011); les faibles prix actuels de l’électricité sur les marchés de gros ne permettent pas aux producteurs de rentabiliser leurs investissements : 40% des capacités thermiques actuelles pourraient fermer à long terme. La situation est telle que les énergéticiens historiques sont fragilisés et ne pourront que faiblement contribuer au financement des investissements nécessaires pour décarboner le secteur électrique et remplacer les infrastructures vieillissantes (autour de 50 milliards d’euros par an jusqu’en 2050)."

Il est incontestable que les pays où l’électricité est la plus chère, sont aussi les pays où la production de CO2 est la plus forte et où le nombre d’éoliennes est le plus élevé. Ainsi, avec 760 millions de tonnes de CO2 produites en 2013 par la combustion d’énergies fossiles, soit une augmentation de 2% sur un an, l’Allemagne est le plus gros pollueur de l’Union européenne, malgré ses plus de 21.000 éoliennes ! Au Danemark, le pays réputé le plus éolien d’Europe, c’est une production de 40 millions de tonnes de CO2 que l’on enregistre, soit une augmentation de 6,8% ! (Appendice 2) 

Coût de l’électricité : 22,2 euros pour 100 kWh en Belgique, contre 20,1 euros de moyenne en Europe. France : 15,9 euros. Le pays le moins cher est la Bulgarie (8,8 euros). Les prix les plus élevés ont été notifiés au Danemark (29,4 euros) et en Allemagne (29,2 euros) ! 

Chiffres publiés mercredi 21 mai 2014  par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne.

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PRENONS CONSCIENCE de ce qui se passe en Belgique.

Il ne suffit pas d’implanter des parcs éoliens, il ne suffit pas de produire de l’électricité éolienne, il faut aussi résoudre le problème de l’injection aléatoire de cette électricité. 

Pour la seconde année consécutive Electrabel est déficitaire (Appendice 4), ce qui les a conduit à fermer deux centrales gaz TGV (et Electrabel s’apprête à fermer celle de Drogenbos). Ces centrales hautement performantes, les plus économiques ( !) dans un usage classique,  deviennent déficitaires quand elles ne servent plus que de back-up aux centrales éoliennes. Leur régime change constamment, elles doivent rester chaudes pour pouvoir prendre le relais du vent faiblissant. Leur consommation de gaz devient alors trop importante pour l’électricité qu’elles peuvent vendre. Elles sont pourtant indispensables en cas de chute et d’absence de vent.

Pour pallier ces fermetures, l’Etat envisage de subsidier des centrales au gaz vu leur indispensabilité comme back-up.

On arrive donc au résultat paradoxal suivant d’un remplacement d’une centrale TGV économique par un double système de production : parcs éoliens + nouvelles centrales Gaz, tous deux largement subsidiés. Et cela sans qu’aucune (réelle) économie de CO2 ne soit faite !

Aucune volonté n’existe au Gouvernement de demander, de faire, un décompte sérieux. Pourquoi ?

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PRENONS CONSCIENCE de ce qui se passera dans nos campagnes.

Pour combler nos besoins énergétiques en leur totalité, quand bien même le vent soufflerait en permanence et avec le soutien d’autres renouvelables (solaire, biomasse locale,…), le nombre nécessaire d’éoliennes serait trop élevé pour que cela soit réalisable.

Notre Wallonie est trop petite et son habitat trop dense. 

Regardez ce reportage sur la Crête: http://vimeo.com/57291959

Imaginez quelles dégradations environnementales, paysagères et de qualité de vie pour les riverains !

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PRENONS CONSCIENCE que la vraie raison de l’attrait de ces parcs pour les politiques est l’implication des Intercommunales dans le marché éolien : l’argent des Certificats Verts récolté par celles-ci servira à renflouer les caisses des communes, mais aussi à payer pléthoriquement leurs dirigeants. Un nouvel impôt déguisé ?  Les citoyens paieront en plus des promoteurs éoliens, les centrales au gaz subsidiées et une électricité au prix gonflé !

Le rachat d'une partie de la bulle photovoltaïque à Elia par l'Intercommunale Ecetia était calculé pour ouvrir les portes aux éoliennes via Tecteo et rapporter beaucoup d'argent. La bulle photovoltaïque est un gros problème pour les politiques, mais qu’en sera-t-il lorsque la bulle des CV éoliens se fera jour à son tour ?  L'éolien va coûter 5,7 milliards aux Belges ! (Appendice 5)

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N’oublions pas qu’un coût de l’énergie maîtrisé est indispensable pour garder nos entreprises compétitives. (Appendice 6)

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Pour toutes ces raisons, nous demandons un moratoire sur les installations de parcs industriels éoliens on-shore et un arrêt des subventions Certificats Verts.

OUI, il y a d’autres chosse à faire que l’éolien : Appendice 8, réflexions pêle-mêle sur l’énergie.