Vent de Raison

Peut-on concevoir une vérité scientifique politiquement correcte?

Cette question devrait être stupide, bien évidemment, car les scientifiques cherchent la vérité dans des universités où ils sont protégés des lobbies tentant d'imposer une "vérité" utile à leurs vues.

Malheureusement, la question n'est pas stupide: les lobbies – grâce aux aides qu'ils leur fournissent – ont - ils investi les derniers remparts de la vérité? Même en sciences exactes! Un travail de fin d'études d'ingénieur civil à l'Université Libre de Bruxelles suggère de la poser.

Impact de la production électrique des éoliennes en Belgique sur les émissions de CO2 , le mémoire de Frédéric Bettens dirigé par le professeur Michel Huart pose question sur le choix des options étudiées.(1)

L'auteur accepte la thèse de l'APERE (2) selon laquelle il existerait un foisonnement. Le foisonnement, c'est l'idée qu'il y a toujours bien du vent quelque part, à l'échelle de l'Europe par exemple, et que son énergie peut être distribuée à travers l'Europe. Globalement, l'énergie éolienne serait à peu près stable à travers l'Europe. L'APERE a convaincu l'auteur que ce phénomène existe même à l'échelle des 6 parcs d'éoliennes industrielles qu'il étudie. Il le "démontre" avec un exemple probant allant du 20 au 30 mai 2011. Un vrai graphique existe! Il est "inconnu" de l'APERE et a pourtant été présenté au Sénat français par J.M.Jancovici. Ce graphique, joint en page 3, présente des dents de scie pointues sur toute l'Europe... dents de scie comme on les observe pour une seule éolienne.

Par un procédé de concaténation, l'auteur montre que l'énergie produite par les 6 parcs étudiés varie peu dans le temps (!!). Oui, le mot concaténation existe et il s'agit de calculer les écarts de production entre eux au fil du temps. Comme les éoliennes ne produisent, le plus souvent, presque rien mais tournent, les écarts sont peu importants quand on les rapporte à la puissance installée. Il est facile de conclure que la production est, le plus souvent, assez stable... puisqu'elle est quasi nulle.

Cette supercherie fonctionne parce que le citoyen observant les éoliennes voit qu'elles tournent 90% du temps. Il en déduit qu'elles produisent de l'énergie 90% du temps. Il ignore que "tourner" ne signifie pas automatiquement "produire de l'énergie". Ainsi, si on plaçait au sommet de l'éolienne une lampe témoin visible par tous ceux qui passent et si cette lampe s'allumait quand l'éolienne livre un dixième de sa puissance nominale au réseau, cette lampe serait éteinte la plus grande partie du temps!(3)

L'inutilité des éoliennes ne doit pas cacher qu'il arrive qu'il y ait du vent. Le ministre Nollet prévoit, pour 2020, 3.000 MW produits par des éoliennes, ce qui sera de l'ordre de la puissance des centrales thermiques qui les accompagnent. Alors, il arrivera que les centrales thermiques doivent varier de "tout" à "rien"et leur consommation de gaz explosera.... ainsi que la production de CO2

Dans ses simulations, l'auteur du mémoire n'envisage jamais un apport (maximum!) des éoliennes dépassant 15% de la puissance thermique installée. Il utilise la courbe de rendement de la meilleure centrale thermique, celle de Hederburg. Elle a une large plage de rendement proche du maximum ; il faudrait multiplier ce genre de centrale pour obtenir le meilleur accord entre éoliennes et centrales thermiques au gaz. Dans la réalité, cela ne suffirait pas! On voit très fréquemment les parcs éoliens varier de "tout" à "rien" et inversement. Ces variations n'apparaissent pas dans le graphique de la production éolienne des 6 parcs présentés par l'auteur! On y voit une courbe lisse qu'il est très facile aux centrales thermiques de suivre.(4) Ce lissage est-il présenté par l'APERE et accepté tel quel? Précisons que le lissage d'une courbe peut consister à remplacer sur un intervalle de temps choisi, arbitrairement, l'ensemble des valeurs mesurées par leur moyenne. On relie les points obtenus et toutes les variations brusques

disparaissent.... Une véritable courbe serait hachurée comme celle fournie par Jancovici et aussi celle fournie par l' Allemagne sur toute sa production éolienne en 2002: graphique joint en 4e page.

Rappelons la "discrétion" des promoteurs de parcs éoliens en ce qui concerne la production de leurs parcs. Ainsi les mesures des 6 parcs éoliens étudiés sont sur un CD au lieu d'être présentées sur un graphique détaillé joint... Monsieur Boever à Ste Ode, à l'occasion de "portes ouvertes"(!!), refuse au visiteur toute information quantitative sur la production de ses parcs éoliens industriels et la recherche de ces renseignements est infructueuse. Suez, par contre, a fourni la courbe de rendement de 4 centrales thermiques TGV (Turbine,Gaz, Vapeur).

Last but not least, l'auteur de l'étude se sert de données de 2008 pour la contribution des éoliennes: elle est alors de 0,75%, c'est à dire RIEN. Comment "rien" pourrait-il perturber des centrales thermiques? Les simulations proposées présentent des situations où le % d'éolien serait plus important et tout aussi intéressant en économie de CO2...

En conclusion, il nous faut bien admettre que les éoliennes nous sont imposées sans que quiconque puisse démontrer qu'elles représenteront une économie en émissions de CO2. Un travail scientifique réel pourrait démontrer qu'elles augmentent la production de CO2 lorsqu'elles seront nombreuses mais ceux qui osent aborder cette possibilité sont immédiatement raillés par les bien-pensants du politiquement correct quand on ne refuse pas tout simplement de les publier.

(1) Les lobbies connaissent aussi bien les expériences de Stanley Milgram dans Soumission à l'autorité que le livre Propaganda d'E.Bernays. Des expériences "style Milgram" ont été faites un peu partout et dans des circonstances très diverses, elles sont concluantes.

(2) L'APERE est l'Association pour la Promotion des Energies Renouvelables.

(3) Si on devait aussi prévoir une lampe indiquant que l'éolienne livre la puissance pour laquelle elle a été installée, cette lampe s'allumerait... exceptionnellement! Les éoliennes livrent une énergie rare, capricieuse et donc peu utile, que nous payons très cher.

(4) Voir sur Google "Impact de la production électrique des éoliennes en Belgique sur les émissions de CO2" p.55, fig. 38