Vent de Raison

Règles économiques concernant la mise en place de la politique éolienne wallonne (PEW)

La mise en place de la politique éolienne wallonne (PEW) se fait suivant les règles économiques suivantes :

  1. L’Union Européenne (UE) impose un calendrier de mise en œuvre des ENR pour l’ensemble de l’UE et des quotas obligatoires pour chacun des Etats Membres. Programme 3 x 20 en 2020 de l’UE.
  2. Puisqu’il y a des quotas, les Etats Membres ont le droit de subsidier les producteurs éoliens. Deux mécanismes sont utilisés pour cela :
    1. Soit les tarifs préférentiels accordés aux producteurs éoliens (feed-in tariffs). Ce mécanisme est le plus généralement utilisé dans l’UE.
    2. Soit les "bonus à la production" (Certificats Verts, CV), une particularité belge et donc wallonne. Le CV est une "lettre de crédit" délivrée aux producteurs éoliens pour chaque MWh produit. La valeur fiduciaire de cette "lettre" est actuellement garantie à un minimum de 65 € mais peut atteindre des valeurs supérieures (82,07 €/CV en 2011) si les distributeurs d’électricité deviennent demandeurs de CV afin de rencontrer les obligations de quotas d’ENR qui leurs sont imposés.
      Note: ces deux mécanismes prélèvent les subsides directement chez les consommateurs et n’apparaissent donc pas dans les comptabilités des Etats Membres. La comptabilité de ces subsides dans le PIB devrait donc faire l’objet d’un débat politique qui a, jusqu’ici, été escamoté.

  3. Outre les subsides, les producteurs éoliens bénéficient d’une priorité d’injection de leurs MWh sur les réseaux. La production des centrales thermiques (TGV) doit donc "s’effacer" devant celle des parcs éoliens.
  4. Cette obligation d’effacement rend l’exploitation des TGV aussi aléatoire que ne l’est la production d’électricité éolienne puisque la première est forcée de "suivre" la seconde.
  5. En conséquence, de nombreuses TGV deviennent non rentables et devraient être arrêtées. Cela est toutefois techniquement impossible car les TGV sont indispensables à la sûreté de la fourniture d’électricité face aux aléas de la production éolienne. D’où la nécessité de subsidier des centrales TGV pour les maintenir en service.
  6. L’ensemble du mécanisme économique de la PEW est résumé sur la Figure 1.
  7. L’autorité régulatrice est la CWAPE.

 

Les principaux chiffres liés à l’exécution la PEW actuellement proposée par le Gouvernement wallon sont :

  1. Production brute de 4,5 TWh d’électricité éolienne planifiée pour 2020, soit environ 15% de la consommation nette d’électricité de la Wallonie
    A noter que la différence entre ces deux quantités n’est jamais prise en compte. Cette différence est "inconnue" et pourrait diminuer de 50 % ou plus la disponibilité nette pour les consommateurs de l’électricité éolienne. C’est la question de l’efficacité énergétique de l’éolien industriel.
     
  2. Cette production brute nécessite la mise en service de 1000 machine de 2,2 MW ayant un taux de charge de 23%
  3. Le coût d’investissement des machines est de 2 M€ par MW installé, soit un total de 4400 M€
  4. Le coût nécessaire à l’adaptation des réseaux de transport et distribution (en Belgique et en Europe) est "inconnu". Sûrement de l’ordre du milliard d’€.
  5. La masse de subsides octroyés par la Région Wallonne à la construction des parcs éoliens est "inconnue". Certainement pas inférieure à 10% de l’investissement total, soit 440 M€.
  6. Chaque nouveau MW éolien mis en service se voit crédité, via les CV, d’une somme annuelle de 2200 MWh x 65 € = 143 000 € qui sont prélevés chez les consommateurs via leur facture d’électricité. La mise en service de 150 MW éolien chaque année correspond à la création d’une dette de 21,5 M€ à payer chaque année pendant 15 ans par les consommateurs. La mise en place des 2200 MW de puissance éolienne en Wallonie aura ainsi crée une "obligation" totale sur la têtedes consommateurs de 9 400 M€ (2200 MW x 2200 h/an x 15 ans x 65 €/MWh). L’entièreté de cette somme, payée par les consommateurs, aura été versée aux opérateurs éoliens.
  7. Chaque ménage wallon (1 500 000) aura donc payé, en moyenne, 6300 € sur 15 ans, soit 420 € par an. Si la durée d’octroi des CV devait être réduite, disons à 10 ans, le prélèvement sur chaque ménage serait encore de 280 €/an.
  8. La pratique de lever une taxe communale annuelle d’environ 15 000 € par éolienne va certainement se généraliser rapidement.
    Note: une "obligation" de paiement de CV par les consommateurs pour la production d’électricité photovoltaïque a déjà créé une dette de l’ordre de 2,5 milliards d’€ en Belgique. Une tentative de "rééchelonner" cette dette est en cours.